vendredi 31 juillet 2015

Bonnes vacances


Nous vous souhaitons un très bel été et vous donnons rdv à la rentrée pour nos nouveaux posts sur le changement.

lundi 27 juillet 2015

Lexique 155 : la qualité du théâtre


"Nous sommes entrain de changer la face du monde, mais la seule chose qui les préoccupe, c'est la mauvaise qualité d'une pièce de théâtre."
Alejo Carpentier Le Siècle des Lumières.

mardi 21 juillet 2015

Commentaires 24 : Qu'est ce que l'Organisation 2.0 ?

Un livre qui date maintenant un peu mais toujours aussi intéressant en ce qu'il fait le lien mutations économiques, les nouvelles technologiques, la mondialisation… tous les phénomènes qui ont généré la nouvelle économie de la connaissance et l’organisation du travail. Ce livre aspire à proposer des solutions pour préparer l’entreprise à y faire face.
L’auteur remet la confiance au cœur des échanges au sein de l’entreprise afin d’en démultiplier la compétitivité. Il en profite également pour redéfinir le rôle et l’attitude du manager ainsi que la place centrale de la collaboration.
 « Une compétence critique du manager est sa capacité à mobiliser les talents d’individus dispersés dans différentes organisations aux quatre coins de la planèteKnowledge shared is power squared. »
« Un bon manager de la connaissance doit maîtriser les trois savoirs essentiels qui fondent la collaboration : communication, sciences sociales et technologie. »
« La réussite ne tient pas à la centralisation du pouvoir de décision, mais plutôt au fait que l’intention stratégique était comprise et partagée (…) et que tout le monde était mobilisé sur le même objectif. »
« Le chef commande, l’équipe réalise, la communauté apprend. »
 « La collaboration est le capital social de l’entreprise. La qualité de communication entre deux personnes détermine le niveau accessible de collaboration entre elles. »
« Au cœur d’une communauté de pratique, l’innovation est celle qui nait de l’amélioration permanente, le fameux kaizen japonais (…) C’est pourquoi les conversations à l’intérieur de l’organisation constituent le mécanisme principal pour instituer le renouvellement permanent de la culture d’entreprise. »
L’auteur propose de même une définition de « l’équipe » : « Dans une équipe performante, on ne peut pas se permettre de laisser l’autre échouer. », vision qui est assez loin de celle qui est partagée dans la plupart des entreprises de nos jours. « C’est de l’accumulation systématique de petits succès de collaboration sur le terrain et de l’apprentissage associé que naît la nouvelle culture. »
 Il met de plus en lumière l’intérêt des communautés de pratique pour l’entreprise et explique qu'elles forment "la clé de voute du système d'information de l'entreprise" 
 « Les organisations horizontales et réticulaires sont rapides et innovantes, car leur espoir de survie est dans le mouvement permanent. »
 « La compétitivité des entreprises repose de plus en plus sur la qualité de leurs réseaux d’alliances. Ce qui compte, c’est la vitesse à laquelle on résout un problème sur le terrain. »

L'entreprise type en réseau se présente comme un assemblage de 3 formes de l'organisation sociale :
-  la hiérarchie fonctionnelle : elle incarne la structure de décision sur l'allocation des ressources.Le rôle de la hiérarchie se résume en :1/ attirer les investissements et embaucher 2/ fixer l'attention des employés sur des sujets importants pour la réussite de la stratégie 3/ maintenir la dynamique de travail par la mise en place de mécanismes de renforcement 4/ mettre en place et appliquer de systèmes d'indicateurs de performance
- les équipes projet : regroupées autour de pratiques communes et tendues vers la production d'un objet
- les communautés : si les équipes projets sont efficientes car elles évitent de la déperdition d'énergie, elles sont structurellement incapables d'apprendre de leurs échecs et donc de susciter des énergies nouvelles.
Pour décrire ce triptyque au quotidien : le chef commande, l'équipe réalise, la communauté apprend.

jeudi 16 juillet 2015

Et si la qualité du management impactait la valeur de l'entreprise ?

On s'en doutait bien, du moins tous ceux qui sont engagés dans l'innovation managériale comme facteur essentiel de la transformation des entreprises et de leur adaptation à un monde plus globalisé et plus numérique,et non dans la pensée magique,  mais quelques études comme celle du financier Oddo commencent à le démontrer :
la qualité du management influe sur la performance des entreprises et donc pour cette société de bourse , est un facteur de réassurance pour les investisseurs.
# Cette étude publiée début juin est fondée sur un système de notation des entreprises qui innovent; mis au point depuis plusieurs années ce système révèle une forte stabilité des résultats, étude après étude
Plus précisément 153 large caps européennes  (dont la capitalisation boursière varie entre 10 et 100 milliard d'euros ) sont évaluées  avec une place importante au management de proximité et au profil de direction.
# L'analyse du management se fait à 4 niveaux :
- direction générale : organisation  de la succession, ,fiabilité, compétence
- équipe dirigeante : taille et composition du comex, turnover, association au capital
- management de proximité : capacité à innover, à faire de l'entreprise une organisation apprenante
- RH : risques sociaux, productivité, attractivité, recrutement, actionnariat salarié
# Deux résultats majeurs à considérer :
- Les entreprises familiales (Loréal, Roche, BMW, AB-InBEV) sur performant pour la qualité de leur management(comme dans les études précédentes)
Elles se distinguent sur 7 des 21 critères : organisation et succession du dg, compétence, vision et leadership du dirigeant,capacité à acquérir des parts de marché, organisation apprenante, culture entrepeuneriale et attractivité RH
- La structure actionnariale jouerait un rôle non négligeable dans la qualité du management : les entreprises contrôlées à au moins 30 % par un actionnaire ou groupe d'actionnaires sont en retrait sur la qualité du management alors que les entreprises les plus performantes sont celles où les salariés détiennent une partie du capital

Au final beaucoup de points défendus par les spécialistes du management mais si maintenant les financiers parviennent à le démontrer !

mardi 7 juillet 2015

Ou en est on vraiment de la transformation digitale des entreprises ?

Retour à  septembre 2014 et à cette étude du cabinet de stratégie  Roland Berger qui m'avait un peu échappé et a été abondamment citée  dans le livre de Bernard Stiegler, La société automatique   dont j'ai récemment parlé.
Les points de vue ou points d'observation ne sont si ce n'est opposés, au minimum radicalement différents, comme deux éclairage d'un même processus à l'oeuvre , observé par un philosophe d'un côté et des" business stratégistes "de l'autre.
Les rapprocher a un sens celui de tenter de laisser s'exprimer les oppositions fécondes pour mieux saisir le phénomène de fond.
Racontons cette étude en 9 images :
1/Il existe 6 raisons pour les entreprises d'accélérer la transformations numérique


2/Seule une infime minorité de 12 % des entreprises a accompli cette mutation


3/L'impact du processus est perçu différemment selon les fonctions

4/Il existe un lien fort entre indice d'évolution numérique et évolution du CA

5/Le secteur Information et communication est le plus avancé des secteurs de l'économie

6/Les  composants de l'indice de maturité 

7/ Les principaux freins de développement de ce processus

8/ Comparaison par secteur des domaines d'investissements prioritaires

9/ Quelques pistes pour avancer :
Pour ceux qui veulent aller plus loin : étude Roland Berger Du rattrapage à la transformation  

jeudi 2 juillet 2015

The Family : nouveau modèle de l'incubateur

Dans le cadre des extra de l’APM, j’ai eu le plaisir d’assister ce matin à une présentation de l’incubateur
dont tout le monde parle: The Family
Oussama Ammar en personne (comme on nous l’a présenté , un peu trop ,non ?) fait une conférence de présentation de son modèle et en profite pour puncher quelques idées reçues sur son métier et les VC

#The Family ,une vision différente du modèle de l’incubateur classique :
- Ce n’est pas un lieu d’hébergement des  start up  mais  un lieu de conférence , de rdv, d’interview; pour eux une start up doit construire son propre environnement, son système de développement , s’inventer par elle même 
- Il définit son modèle comme celui d’un actionnaire minoritaire de long terme : à l’inverse du marché classique, ils prennent 1% au départ et opèrent une montée en puissance au capital à  chaque levée (à condition qu’elles aient lieu)
Leur vision est proche de la roulette : l’espérance de gain est négative (-2,4) mais quand on gagne le potentiel est plus important qu’à tout autre jeu .
Pour eux les start up obéissent au même type de loi : très peu de chance de réussir mais si on gagne on peut gagner 1000000 fois sa mise donc beaucoup 
Habituellement dans les start up plus on prend de risque , plus on a de chances de perdre : ils renversent et industrialisent le modèle en prenant très peu de participation dans le plus grand nombre possible de start up.
Actuellement ils ont investi dans environ  270 start up : 40 valent plus de 50 millions, 1 vaut plus que toutes les autres, la moitié ont fait faillite.Leur objectif est d’en prendre 200 de plus en un an.

Leur modèle économique s'appuie en fait sur deux piliers : une société de prestation de services (conseil, formation,..) qui pour vocation à gagner de l'argent et faire vivre l'ensemble du système, une société d'investissement qui a pour vocation de..perdre de l'argent à court terme bien sur.


- Un autre élément de vision est que ce qu’on appelait avant « les avantages compétitifs », "les facteurs différenciant" , tout cela n’existe   plus dans l’économie numérique, où ce qui compte avant tout c’est  la vitesse d'exécution ;
D’où l’idée que les idées comptent moins dans la capacité de réussite des individus : ils se refusent de plus en plus à évaluer les idées a priori (sauf en terme de déjà fait, non rattrapable ..) car une moins bonne idée avec une très bonne équipe a plus de chances que ..

- Dernier élément sur la nature de l’accompagnement, du mentoring : là aussi ils ont tendance à renverser les idées reçues.
 L'info est devenue 1 commodité en étant  accessible à tous sur  Google . La plupart des gens peuvent devenir expert de certains secteurs en moins de 3 mois, ils le voient tous les jours.
Conséquence (selon eux !) : le mentorat d'expertise disparaît au profit du mentorat collectif : le mimétisme est plus fort que la transmission.
Il raconte l’anecdote d’un dîner ou un jeune dirigeant racontait comment il avait fait sa 1ière levée de fonds ; résultat : chacun autour de la table s’est dit que si lui l’avait fait .. et tout le monde a très vite disparu pour travailler.
Le grand problème des vc est qu'un entrepreneur ne se crée pas parce qu' il a des  bons conseils mais parce qu’il est dans un environnement favorable.
C’est la , sein moi la bonne posture du Business coach : accompagne le dirigeant entrepreneur  à créer les conditions favorables à l’émergence de son projet - une problématique ou se mêlent à la fois les dimensions business bien sur ( l’entrepreneur a quelques savoir faire) et humaines (ses motivations et façons de faire propres)

# Pourquoi la Silicon valley est toujours le centre du monde numérique
Aujourd'hui tout le monde est fasciné par les start up  de la  valley : mais attention quand quelqu’un va visiter les entreprises, il ne rencontre que des PR qui l’eus font un exposé marketing de leur entreprise : un peu comme si en revenant de Disneyland on pensait avoir vu la jungle !
Tout est un peu caché dans la Valley mais elle pèse toujours plus de 20% du PIB numérique (contre 2% pour l’Europe)
La Silicon valley est un écosystème particulier :
- le seul ou il y a plus d'argent que de projets
- le retour : tout le monde aide tout le monde; tout le monde a connu un traumatisme de voir passer une fortune ; ils sont dans une culture ou l'évaluation des idées ne compte plus, une commodité 
- le bout du monde : un isolement incroyable ; pendant 30 ans ils ont créé une bulle qui n'intéressait personne ; les Pdt de la valley ne voyagent pas , tout se passe la bas
Jamais le pouvoir pouvoir de démultiplication  des individus n’a été aussi grand . Encore faut il l’organiser : il y aurait   650 designers chez Sony contre 16 chez Apple pourquoi ?
- Quelle la bonne valo pour Uber ?
Uber a levé 5 milliards et est valorisé à 50 milliards est ce justifié se demandent les journalistes ?
Dans  10 ans des experts estiment que cette société casera valorisée valorisé à 1 trillons ou rien
Pourquoi ? Comment ?
Actuellement ils sont toujours en survie : soit ils passent leur problèmes juridiques  et fondent un nouveau monopole , soit  non
La valorisation se fat au regard du marché sur lequel ils pourront installe ce monopole :
- Soit c’est le  marché des taxi qui pèse 57 milliards
- Soit  on dit uber est une alternative à la voiture et la société pèse le marché des voitures : elle vaut 500 milliards
- Soit  on dit que uber fidélise 5 millions de chauffeur et  devient : société de transport + société de de logistique +société de livraison  la Et donc la valo est beaucoup  plus forte

Pourquoi G7 ne réussit pas à les copier ? ils on fait une app  la seule page  qu'ils n'ont pas copié est celle qui fait toute la valeur du système : celle de la notation des chauffeurs, qui fait qu’ils sont polis, serviables, sympa
L'expérience de uber est unique par sa structure de feed-back qui permet à tout moment de noter la relation client : l'avantage client est à la source du succès de uber
Les protestations des taxis : ne font qu’accélérer le go to market d'uber par leur violence; ils feraient mieux de faire une semaine de gratuité et de distribuer des photos de leur faille qui vivent grac au taxi
Uber est très malin politiquement : ils s'appuient sur le soutien des conso , plus fort que la loi
Là encore nous sommes bien de la démonstration que le capital et la techno  font  tout . La grande question est toujours pour passer d’un monde à l'autre : peut on adopter en  interne le système de management qui crée la valeur avec les clients ? 
Uber est très malin politiquement : ils s'appuient sur le soutien des conso , plus fort que la loi

- MOMENTUM machines un futur concurrent pour mac Do ?
Qu’est ce que c’est ? Une machine a faire des burgers excellent avec de très bons ingrédients avec une précision de découpe et de cuisson difficile à copier par l’humain et bien sur à la source du succès (concours de chef )
Leur modèle part de l’analyse du prix d'un burger : 20 cts pour le personnel, 3€ pour le loyer :  les resto sont avant tout des boîtes immobilières et les coûts de personnel négligeables
De plus l’eus machines prennent moins de place qu’une cuisine complète
Résultat : MM est beaucoup plus rentable en prenant des plus petits emplacements et en concentrant le personnel sur du service, de l'événementiel 
La force du modèle est  que si Mac do veut le dupliquer  cela lui demandera trop d'efforts de structurels 
2 réponses possibles pour  Mac do : les racheter ou interdire ales machines par la législation 
Il y'a 20 ansMM serait devenu un fournisseur de Mac do


- Conclusion : Le monde du venture est contre intuitif en quelques règles
-La technologie ne fascine que ceux qui ne la connaissent pas ; c'est une commodité
Beaucoup d'ingénieurs ont pris des postures de chamans , avec une info d'avance mais il ne faut pas se laisser impressionner : pas besoin de comprendre comment fonctionne un moteur pour conduire une voiture
"La techno est au projet ce que la fosse sceptique est a une maison de campagne"
La techno est juste un outil, pas une arrivée sur le marché , pas une réduction des coûts
- dans le numérique la montée en puissance est un gage de qualité ; on est passé d'un monde ou les investissements étaient lineaires, a un monde coûts fixes 
Cela ne coûte pas plus cher de faire tourner Google pour 100 ou 1 millions d'utilisateurs, par contre la qualité est meilleure 
FCBK : 1 ingénieur pour 250000 serveurs dans le data center ; ce qui suppose un haut niveau d'investissement et d'organisation
- le marketing est mort : le rôle du marketing est de transforme un produit inconnu a un produit connu; pas un mauvais en un bon
Car tout se sait sur le web et les conso sont féroces sur la qualité
- dans le monde industriel le modèle c'est réussir ; dans celui du numérique la norme c'est d'échouer : dans le lot des start up il y a 1 major qui se révèle par an 

Voilà fin du voyage au pays des incubateurs, un pays merveilleux où comme dans les meilleurs westerns ,il semble tout aussi important de réfléchir et d’agir vite que de bien construire sa légende.