mardi 14 novembre 2017

Commentaire 44 : La Religion industrielle , la révolution managériale 6/6


La dernière révolution de l'occident sera la Révolution managériale .La religion industrielle complète sa foi par un puissant corpus de textes normatifs , ceux du management scientifique.

Le pouvoir techno-scientifique  s'impose et s'achève dans l'hyper rationalisation formulée par les ingénieurs civiles notamment nord-américains de la fin du XIXième siècle.

Avec l'industrie, le religieux est décroché de la transcendance et du céleste , il est inscrit sur et dans le terrestre par un processus d'immanence qui se poursuit inexorablement.

#La révolution managériale est une révolution silencieuse sans "révolutionnaires" , sans "protagonistes" ,ni "antagonistes"

A partir de 1899 les sociétés d'ingénierie se multiplient sur le modèle britannique pour développer la science et préparer la révolution managériale.
La 1ière école de management nait en 1881 en Pennsylvanie.
Pour Renan il s'agit d'une 2ième révolution industrielle : la première se définit par l'utilisation scientifique d cela matière inerte et des forces de la nature.La deuxième par l'utilisation scientifique de la matière vivante c'est à dire des homme.


#La montée en puissance des ingénieurs :
Eugène et Stéphane Flachat jouent un rôle essentiel dans l'avénement des réseaux d chemin de fer et du management en France. Henri Fayol , jeune ingénieur, prend la succession de Flachat pour diriger pendant 30 ans les houillères de Commentry jusqu'en 1918.
Il publie en 1916 Administration industrielle et générale considérée comme l'un des deux textes fondateurs du management, l'autre étant The Principle of scientific management de l'ingénieur américain Taylor publié en 1911.
Fayol donne les 5 milliers du dogme managériale : administrer c'est prévoir, organiser, commander, coordonner et contrôler (POCCC)
Il produit ainsi un nouvel ordre industriel qu'il propose d'étendre en dehors notamment jusqu'à l'état.

Taylor (1856-1919) va proposer l'organisation scientifique du travail qui repose sur une étude scientifique et précise des unités de temps, l'élément le plus important.
L'enjeu de la révolution scientifique du management c'est l'exclusion du du conflit politique et de l'action syndicale contestataire au nom du devoir de coopération dans la production.
Il estime devoir établir des lois générales de l'organisation car il veut prouver que la direction des entreprises est une vraie science qui s'appuie sur des lois, des règles et des principes.
Les mêmes principes peuvent être appliqués à toute activité humaine à savoir : la conduite du foyer, la direction des exploitations agricoles , la gestion des affaires commerciales...
4 principes de direction scientifique :
1/le 1ier, le plus important vise à extraire tout le savoir inscrit dans le corps de l'ouvrier.Il s'agit de rassembler toutes les connaissance empiriques que possèdent les hommes des différents métiers travaillant ensemble.Traiter le corps comme une matière première disposant de capacité.
2/L'étude approfondie des hommes ,tout comme on étudie les machines.Une mesure surtout de tempête de mouvement sur le modèle chronophotographique
3/Faire se rencontrer l'ouvrier et la science à des fins d'accélération et d'efficacité.La flânerie doit disparaitre pour "chaque jour produire la plus grande quantité de travail possible"
4/une coopération étroite , intime, personnelle entre la direction et les ouvriers

Henry Gantt (1861-1919) disciple de Taylor, met au point un diagramme qu'il utilise pour la gestion de projet, qui fournit un calendrier graphique à la production.

# La convergence de l'ingénierie et de la sociologie :la révolution managériale se déploie au carrefour des savoirs des ingénieurs et des sociologues appliqués à l'organisation.
Dès 1914 Henry Ford ,qui avait des difficultés dans son entreprise ,crée un département de sociologie ,dans lequel travaillent 250 personnes !

# La rencontre de la cybernétique et du management  : pour gérer les organisations complexes se forme aux USA dans les années 40-50 la cyber-management.
Tout se passe comme si le management avait préparé l'arrivée de l'ordinateur dans l'entreprise . Informatique et cybernétique sont en miroir tout comme gothique et scolastique.
Peter Drucker (1909-2005) et Norbert Wiener ( 1894- 1964) sont les pères du management moderne et de la cybernétique.
Ils formulent simultanément : un dogme, celui du management; un paradigme, celui de la cybernétique.
Le cyber management prétend réaliser le rêve du gouvernement scientifique , machinisme, automatique  des hommes.
D'une certaine façon il s'agit de puiser aux sources de la religion industrielle : marginaliser le gouvernement et réduire la politique à une science d cela production.
"le coeur du système politique nazi est sa tentative de confondre son pouvoir totalitaire avec le pouvoir légitime du système industriel, affirme Drucker. L'actionnariat privé associé au droit de propriété est le seul fondement légitime du système industriel.Or le nazisme l'a liquidé pour contrôler directement l'industrie "
Pour lui la légitimité doit être fondée et incorporée dans la corporation sanctifiée.
L'entreprise n'est pas une simple organisation, elle est une institution politique et une communauté; c'est pourquoi dans la société industrielle, elle vient contester le pouvoir politique traditionnel.
le management ne tire son pouvoir légitime que par délégation des droits individuels de propriété des actionnaires,  le pouvoir des managers étant autonome car non controlé par ces actionnaires.
Pour lui il existe deux systèmes : la bon "anglo saxon, fondé sur la foi chrétienne et de l'autre le mauvais, totalitaire fondé sur la rationalité pure.

Au sortir de la 2ième guerre mondiale la cybernétique prend valeur de paradigme, de religion. L'image qui s'impose est celle de la circularité de la régulation , la possibilité d'autorégulation.
Les visées des deux révolutions convergent en un même point, annoncent que la politique et les idéologies sont dépassés par l'autorégulation et par les pilotage scientifico- industriel aussi  bien de l'industrie que de la société.

L'homme doit transférer son pouvoir de décision à l'ordinateur pour gérer l'usine, ce que Gunther Anders appelle "la honte prométhéenne "


vendredi 10 novembre 2017

Lexique 186 : le lieu de la mystification

"Avec les réussites de la société industrielle avancée et le traitement efficace de a productivité matérielle et mental, il y a eu un changement dans le lieu de la mystification. ...plutôt que l'irrationnel c'es tel rationne qui est devenu le support le plus efficace de la mystification"
Pierre Musso.

mardi 7 novembre 2017

Commentaires 43 : Le culte de la religion industrielle : l'usine 5/6

Vers 1750 l'industrie don de Dieu, est à sont tour enrôlée  au service de l'incarnation comme l'avait été la nature.
La 3ième bifurcation va s'opérer par la transfiguration du champ religieux rapporté à son socle terrestre et rationnel normatif.
Le gouvernement des hommes sera réduit à la science de la production et à la rationalité managériale
La religion industrielle répond par la "surrationalité à la question du "pourquoi" et du "comment vivre".
Les briques de base de la nouvelle architecture fiduciaire ont été posées au siècle précédent : humanité, progrès, histoire, travail, utilité.
Il reste à les attacher solidement pour former la nouvelle Imago Lundi industrialiste d'occident. Ce qui sera fait par Saint-Simon, Pierre Leroux, Robert Owen et les saints - simoniens.
La religion politique qui semble triompher avec la révolution française , cède aussitôt à la religion industrielle, qui travaillait en coulisse , et encore quelques temps plus tard à celle du management.

1/La Religion industrielle réunifie les deux pouvoirs de la schize fondatrice, le pouvoir spirituel assimilé à la Science et le pouvoir temporel assimilé à l'Humanité productive
-> d'un côté l'Humanité , nouveau réceptacle du mystère de l'Incarnation
-> d'un autre côté la Science comme nouvelle Idole instituée en référence légitimant toute rationalité et normativité.
Les nouveaux Dieux sont l'Humanité qui travaille produit et crée et la Science qui dit la Vérité du monde.
C'est moins une religion désenchantée qu'une nouvelle métamorphose du christianisme occidental, une déscolarisation prenant forme scientificité- industrialiste, d'apparence messianique et socialiste dans sa 1ière formulation.

#Le mythe positiviste du progrès devenu ciment idéologique de l'industrialisation est construit sur deux axiomes : celui d'un temps linéaire, continu et indéfini et celui d'une vision scientifique qui produit une accumulation de connaissances et de techniques.

Saint Simon abandonne la transcendance de l'Incarnation dans l'Humanité au profit de l'incorporation
dans le corps industriel : l'Incarnation suppose un grand Autre absent, l'incorporation , forme strictement intra mondaine de l'incarnation , se défait de cette obligation.

L'industrialisme deviendra au XXième siècle l'étendard d'un apolitisme , voire de l'anti politique

2 /L'institution clé de l'armature fiduciaire devient l'Usine. Toute religion s'inscrit dans un nouveau lieu consacré à la communauté , à la communion et au culte.
Pendant la révolution française plusieurs monastères, biens de l'Eglise nationalisée, on été converti en usines.
# L'usine est l'un des principaux lieux de fabrication de représentations sociales au XIX et au XXième , générateur d'un imaginaire ambivalent et d'idéologies conflictuelles.
Après le monastère où la contemplation accueille le travail, la manufacture réunit les travailleurs et introduit la division du travail, l'usine est l'institutionnalisation de la religion industrielle avec la machine associée au travail, afin d'accélérer la multiplication des objets technologiques destinés à la consommation.
Comme l'horloge pour le monastère, la machine fixe la cadence du travail industriel.
L'usine est à la fois un lieu de production puissant, magique mais aussi le lieu de rassemblement d'une communauté élargie et donc d'une nouvelle organisation sociale.
Le mot "usine"apparait en 1732 dans un arrêt du conseil du roi (usine->du picard ouchine -> du latin officine )
L'usine réunit d'un côté un grand automate machiniste et de l'autre une communauté humaine : le défi est donc de coordonner leurs rythmes, de les unifier.
Ce qui pose le problème du pouvoir de la machine et le dressage du corps humain au nom de la cadence technique.
Le pouvoir industriel remplace le pouvoir politique au nom de sa puissance, de sa vitesse, de sa précision, au motif de l'allégement de la peine des hommes et de la croissance de la production.

#Les religions de l'usine : en rassemblant une communauté humaine, l'usine devient un lieu d'expérimentation de nouvelles formes religieuses :
Marx : la grande industrie résulte du développement du machinisme et devient un grand automate qui asservit les hommes: le machinisme commande l'organisation du travail
Robert Owen (1771-1858), industriel gallois revendique une religion rationnelle de l'humanité
Etienne Cabet '1788-1856), fondateur de communauté, imagine un monde où les machines remplaceraient les hommes qui seraient affranchis de tout esclavage.
Pierre Leroux (1797-1871) , "Le christianisme est la plus grande religion du passé; mais il y a quelque chose de plus grand que le Christianisme , c'est l'Humanité.
Charles Renouvier salue en 1842 l'apparition de l'idée de solidarité
Charles Fourrier (1772-1837) plaide pour l'idée d'Harmonie (étymologiquement ce qui assemble la cheville à la charpente).il souligne l'ambivalence de l'industrie qui décrit autant qu'elle crée.Il perçoit ses contradictions : accroissement de la richesse d'un côté et inégale répartition de l'autre.Il veut uneRéforme de l'Industrie pour la réconcilier avec la Nature, montrant ainsi sa sensibilité au saccage écologique. Le phalanstère sera un lieu d'accueil pour 400 familles milieu d'un domaine de 400 hectares.

# Le grand théâtre des expositions : les textes fondateurs de la religion industrielle ont été accompagnés de mises en scène et en images.
La révolution française inaugure le grand théâtre industrialisé
1763, 1ière exposition en France des Arts industriels"
En 1794 la Convention crée le Conservatoire des Arts et Métiers, un établissement où l'on expliquera la construction et l'emploi des outils et machines utiles aux arts et métiers.
En 1798 le Directoire fait réaliser un Temple de l'Industrie sur le Champ de Mars pour exposer les produits de l'industrie.
1798 à 1849 , multiplication des expositions nationales, puis ensuite des expositions universelles.
Au delà de la machine,ce qui est célébré c'est le pouvoir de l'ingénieur qui les as créées ,nouveau Prométhée qui imite le Créateur.
L'inventeur détient un pouvoir analogue à celui de Dieu.
L'exposition universelle met en scène la foi industrialiste , à savoir la projection de l'Humanité dans son miroir totémique, celui de l'Usine et de ses machines, entités sanctifiées , afin de retrouver dans l'altérité du monde, son bien le plus précieux, sa propre image.
La foi est devenue scientiste et les écritures "scientifiques" sont appliquées à des fins de production matériels, mais la structure fiduciaire est stable : d'un côté la Vérité du mythe du Progrès, de l'autre l'Efficacité de la rationalité technicienne.

# L'industrie destructrice et aliénante : l'imaginaire est ambivalent et cette dualité traverse le siècle.L'envers de l'imaginaire positiviste affirme que l'industrie asservit, crée un nouvel esclavage, détruit les hommes et la nature.
"Les machine nous promettait la liberté, je vais prouver qu'elles nous ont apporté l'esclavage". Michelet
Deux représentations vont ensuite s'affronter :la déconsidération de l'industrie destructrice contre sa célébration créatrice de richesse.
A la fin du siècle le management cherchera à réconcilier les deux visions opposées au nom de l'Efficacité, de la fin de l'idéologie et du politique.
La religion industrielle est ainsi une société sans opposition et sans critique du fait d'une désublimation croissante justifiée par le progrès scientifico technique




vendredi 3 novembre 2017

Citation 47 : Peter May

 « Il trouvait cela extraordinaire de voir à quel point il avait changé pendant cette période , alors qu’ici,la où il avait grandi, presque rien n’avait changé « in L’ile des chasseurs d’oiseaux, Peter May.

mardi 31 octobre 2017

lexique 185 : l'idée de Nature

"Ce ne sont pas les découvertes scientifiques qui ont provoqué le changement de l'idée de Nature; C'est le changement de l'idée de Nature qui a permis ces découvertes"
Merleau - Ponty.

mardi 24 octobre 2017

Citation 46 : Jacques Le Goff

"Dans la Florence qui change et se dilate à partir de 1284 , la vieille cloche , voix d'un monde qui meurt va céder la parole à une voix nouvelle, l'horloge. de 1354."
Jacque Le Goff

Business coaching : 5 motivations essentielles des dirigeants

Vous êtes dirigeant, entrepreneur ou manager et pour faire face à vos enjeux de business ou de management, vous vous interrogez peut-être sur l’utilité d’un accompagnement de Business coaching.
Pour tenter de vous éclairer, j’ai passé en revue les quelques 150 missions, que nous avons effectuées depuis 2003 auprès d’une quarantaine de clients, tous dirigeants de PME ou de filiales de grands groupes dans les secteurs du marketing – communication – internet – sport. J’ai ainsi pu analyser les principales motivations de ces dirigeants au moment de démarrer une mission.

Voici donc la synthèse des 5 raisons principales ou besoins exprimés par ces dirigeants :

1.    Transformer l’entreprise, redonner un projet stratégique et du sens aux équipes : dans le contexte actuel de mutation numérique de l’économie, la 1ière demande du dirigeant est, sans surprise aucune, de l’aider à transformer son entreprise.
De la digitalisation d’une fonction ou d’un service à la redéfinition complète du modèle d’affaires, du repositionnement sur le marché à la refonte du plan stratégique, d’une l’organisation plus agile  aux modes collaboratifs, les sujets sont aussi nombreux que variés.
C’est même bien souvent devenu pour le dirigeant qui prend sa fonction, son cœur de mission, sa priorité avec un vrai paradoxe : si la plupart s’accordent en général en interne sur la nécessité de se transformer, seul le « big boss « est réellement habilité à donner l’input nécessaire à la transformation.
Ici le rôle du Business coach est notamment d’accompagner son client à : 1/ sortir de son prisme quotidien pour faire évoluer sa vision. 2/ bien préparer son projet business en amont, sans en oublier la dimension change management notamment en terme de sens et d’impact pour les équipes 3/ l’aider à prendre conscience de tout ce qui peut contribuer ou freiner le changement dans son fonctionnement quotidien.

2.    Faire face à un événement inattendu/inconnu : l’accélération des évolutions de marché conduit les entreprises, y compris les PME, à faire face à de plus en plus d’événements  « sortant du cadre de pilotage ordinaire » comme : une mutation technologique qui reconfigure le métier (digital et publicité) , une évolution du cadre juridique (marché de la formation professionnelle), la montée en puissance  de nouvelles formes de concurrence (Gafa, cabinets de conseil pour les agences de communication) , une opportunité de rapprochement ou d’acquisition, une opportunité  de croissance (Paris 2024 pour le secteur su sport), une crise managériale… autant de sujets qui nécessitent une action organisée aussi rapide que réfléchie et pour lesquels le dirigeant se retrouve souvent seul en 1ière ligne. Est –il bien préparé ? Est-il possible de maîtriser tous ces sujets, qu’il ne rencontrera peut être qu’une seule fois .
 La courbe d’expérience est souvent un peu courte et si l’expert-comptable ou l’avocat sont souvent de bons points d’appui, ils le sont surtout sur les dimensions  ... juridiques et comptables. Et pour tout le reste ? Comment construire une vision holistique de la problématique ? Analyser avec suffisamment de recul ? Transformer un événement compliqué en réelle opportunité ? Comment éviter l’embrasement jusqu’à la crise ? (si, si, cela arrive, j’en rencontre régulièrement). Par quoi commencer ?
Là encore le dirigeant, culturellement perçu comme omniscient (le chef de la tribu gauloise) et omnipotent est très attendu : vision, scénario de sortie de crise, il est avant tout chargé de sécuriser la situation des personnes concernées.
Dans ce véritable passage de cap, il s’agit autant d’imaginer le point d’arrivée que les moyens de la traversée ;  et surtout de bien les communiquer aux équipes, étape par étape.
 Le Business coach s’engage ici auprès de son client dans une posture de facilitateur, influente mais non stratégique : il propose un cadre de réflexion avec la limite de ne pas agir à la place de son client.

3.    Résoudre des problèmes de coopération pas toujours exprimés : « emloyees first » entend-on depuis quelques années, ce que l’on pourrait également traduire pour le dirigeant par : seul il  ne peut rien, il a besoin de tous et tout le temps pour bien faire fonctionner « le système « entreprise : clients, actionnaires, associés, équipes internes, fournisseurs banquiers… sont donc tous potentiellement des partenaires potentiels  de la coopération.
Avec, bien sûr, parfois des bugs et même des conflits lorsque le sens s’est perdu, les visions divergent ou les intérêts deviennent contradictoires et ce d’autant plus fortement que l’entreprise se situe à un moment charnière.
 L’effet négatif sur la dynamique managériale s’en ressent assez vite : c’est,
un repositionnement qui tarde à se faire parce que deux associés ne sont plus d’accord et n’osent pas se le dire ; une réorganisation qui coince parce que le Comex a du mal à laisser grandir ses N-1, une crise managériale parce que les managers n’adhèrent plus à la stratégie.... toutes ces situations qui intellectuellement paraissent assez  simples mais sont en réalité assez  bloquantes et souvent plus facile à dénouer par l’intervention d’un tiers de confiance. Le risque est à terme d’éteindre tout le potentiel de coopération de l’entreprise, pour un problème connu mais non résolu.
Dans ce cas, l’un des enjeux va être de bien distinguer le sujet business ou technique au cœur du projet, des processus relationnels tissés entre les acteurs. Il appartient alors au Business coach de travailler avec son client sur cette  prise de conscience pour mettre en place les actions appropriées au bon niveau et stopper ce mécanisme souvent observé du «  continuer à faire plus de la même chose « . L’accent sera également mis sur la dimension éthique de la coopération, non seulement l’importance de définir des règles du jeu mais également de les appliquer.


4.    Rechercher une réassurance plus personnelle : il s’agit là de demandes un peu moins explicites, un peu plus masquées et surtout plus personnelles. Le plus souvent combinées avec des demandes business ou techniques, elles constituent néanmoins un fondement de motivation important  pour le dirigeant : problème de reconnaissance ou de légitimité, de posture ou d’imposture, de confiance en soi ou de lâcher prise, le dirigeant est aussi une personne qui vit ses journées avec beaucoup d’intensité, traverse des épreuves, prend des coups, connaît des satisfactions et aussi des échecs, de forte intensité parfois.
     Une personne qui peut aussi se sentir seule dans sa fonction (la fameuse solitude du manger), notamment au moment de prendre des décisions, qui peut douter, côtoyer ses peurs, voire se retrouver confronter à  ses limites dans certaines situations difficiles. Bref quelqu’un qui cherche d’une façon ou d’une autre à se rassurer.Parfois à la frontière du psy (mes clients me l’évoquent quelques fois en souriant pour aussitôt ajouter qu’ils font bien la différence entre les deux), le Business coaching peut être une solution pour l’aider, au-delà des sujets business, à exprimer la façon dont il vit les situations les plus difficiles, à faire le point sur lui-même et évaluer où il en est de sa propre écologie.
C’est souvent là, une occasion de se redynamiser par rapport à ses propres objectifs, de se réaligner ou même parfois d’imaginer d’autres solutions, jusque-là in envisagées. C’est durant ou après ces séquences où il reconsidère « ses piliers de vie « que se prennent  parfois des décisions importantes du type : prendre un DG, s’associer et partager avec quelqu’un, rapprocher sa structure, vendre, reprendre..

5.    Et toujours apprendre, se perfectionner aller au-delà : si Roger Federer est peut-être encore aujourd’hui, le meilleur joueur de tennis du monde, c’est bien sur en raison de son talent et au plaisir qu’il continue à prendre tous les jours en jouant au tennis.
Mais s’il joue encore à ce niveau, qu’il est peut être même meilleur qu’il y a 5 ans, c’est surtout parce qu’il continue, à 36 ans, à s’entrainer toujours très dur avec plusieurs entraîneurs, non pas pour se maintenir en forme (ça ne suffirait pas) mais pour continuer à améliorer son jeu (si, si). C’est à dire essentiellement à l’adapter aux caractéristiques physiques (moins rapide, moins résistant) et psychiques (mental, science du jeu) d’un homme de bientôt  40 ans.
Sur cet aspect de nombreux dirigeants ressemblent aux sportifs de haut niveau, cherchant constamment à apprendre et à se perfectionner.
Et s’il existe aujourd’hui de nombreux endroits pour se former à de nouvelles compétences (centres de formations), s’ouvrir aux innovations (think tank ) ou plus simplement échanger entre dirigeants (clubs, associations), c’est aussi là un des rôles du Business coach que de travailler avec son client à une prise de conscience de ses points de force ou de faiblesse. Pour au final l’amener à faire des choix et comme dirait Arsène Wenger, un autre sportif, «* savoir si il sera plus efficace de renforcer ses points forts ou de travailler sur ses points faibles « pour améliorer ses propres performances.
C’est aussi l’occasion, à partir d’un travail sur la personnalité de se pencher sur les modes de ré oxygénation ou de récupération mentale aussi importants pour le dirigeant que pour le sportif.

En conclusion, à travers toutes ses réponses se dessine, peut être un portrait des savoir faire et qualités que l’on demande aux dirigeants d’entreprise des années 2010-20 : savoir adapter leur entreprise aux mutations de la nouvelle économie numérique; savoir rapidement et solidement  faire face aux nombreux événements imprévus/inconnus de leur environnement  ; gérer au mieux leurs relations et modes de coopération avec tous les acteurs internes et externes ; savoir constamment se recentrer par rapport à ses piliers de vie ; rester en veille, continuer à apprendre et se perfectionner.
Tout cela en un seul homme ou une seule femme, comme autant de raison de faire appel à l’accompagnement  d’un Business coach.


* citation de mémoire d’un propos d’Arsène Wenger, manager de équipe de football d’Arsenal.
** pour ma part j’utilise le MBTI


Pascal Guibert  Busines Coach de dirigeants et entrepreneur
Fondateur de La Compagnie du Changement
           Co – fondateur  de Groupe VT Scan et de la Réclame.fr
Formation : psychologue (Rouen 1984)  ,marketing- communication (DESS CELSA) , master coach (Médiat-Coaching 2003)